La crémation : un choix de sépulture en pleine évolution
La crémation, parfois nommée incinération, est un choix de sépulture de plus en plus fréquent en France, bien qu’elle soit fortement ancrée dans certaines traditions, notamment en Asie, où elle est perçue comme un rite de purification et d’offrande (99 % des Japonais la choisissent). Elle consiste à brûler le corps d’un défunt afin qu’il ne subsiste que des cendres.
En France, la crémation est encadrée par une législation stricte. Elle est autorisée par le maire de la commune de décès ou, s’il y a eu transport du corps avant mise en bière, du lieu de fermeture du cercueil. Il est crucial de noter que cette opération se fait toujours à cercueil fermé comme le veut la réglementation.
Une fois la crémation effectuée dans un crématorium à Marseille ou ailleurs, les cendres sont pulvérisées et recueillies dans une urne cinéraire. La décision concernant la destination des cendres est l’une des plus importantes et l’une des plus délicates à prendre pour les proches.
Le statut légal des cendres : respect, dignité et décence
Depuis la loi de 2008 relative à la législation funéraire, les cendres issues de la crémation bénéficient d’une protection comparable à celle accordée à un corps inhumé. Le législateur a créé l’article 16-1-1 du Code civil qui stipule que « Le respect dû au corps humain ne cesse pas avec la mort. Les restes des personnes décédées, y compris les cendres… doivent être traités avec respect, dignité et décence ».
Pour cette raison, il est interdit de conserver les cendres chez soi ou de les diviser. L’envoi d’une urne par la poste, comme s’il s’agissait d’une simple lettre ou d’un colis, est également considéré comme contrevenant aux dispositions de décence.
Dans l’attente de la décision de la personne qui a qualité pour pourvoir aux funérailles, l’urne cinéraire est conservée au crématorium pour une période ne pouvant excéder un an.
Les options de destination des cendres dans les cimetières
L’article L. 2223-18-2 du Code général des collectivités territoriales détermine de manière limitative les destinations possibles pour les cendres. La majorité des options impliquent un placement au sein d’un cimetière ou d’un site cinéraire.
Les communes de 2 000 habitants et plus (ou les établissements publics de coopération intercommunale compétents) ont l’obligation de disposer d’un site cinéraire destiné à l’accueil des cendres. Ce site comprend un espace aménagé pour la dispersion des cendres et un columbarium ou des espaces concédés pour l’inhumation des urnes.
Les options en cimetière sont :
• L’inhumation de l’urne cinéraire : L’urne peut être inhumée dans une sépulture ou la sépulture familiale. On parle alors d’inhumation d’une urne cinéraire dans un cimetière. Elle peut être inhumée dans un cavurne, un petit caveau spécifiquement destiné à recevoir uniquement des urnes.
• Le dépôt dans un columbarium : L’urne peut être déposée dans une case de columbarium. Un columbarium est un équipement faisant partie des sites cinéraires.
• Le scellement sur un monument funéraire : L’urne peut être scellée sur un monument funéraire à l’intérieur d’un cimetière ou d’un site cinéraire.
Toute opération de placement d’une urne dans une sépulture, son scellement sur un monument, ou son dépôt dans un columbarium, nécessite l’autorisation du maire de la commune où se déroule l’opération. Les cimetières de Marseille, tels que ceux de Château-Gombert, Saint Marcel, Les Olives Trois Lucs, Saint-Julien, La Treille, Les Vaudrans, et Les Camoins, proposent ces espaces de recueillement.
La dispersion des cendres : en pleine nature ou au jardin du souvenir
La dispersion des cendres est également strictement encadrée.
Dispersion au jardin du souvenir
L’une des options est la dispersion des cendres dans un espace aménagé à cet effet (jardin du souvenir), situé dans un cimetière ou un site cinéraire. L’autorisation du maire est nécessaire pour cette opération.
Dispersion en pleine nature
Les cendres peuvent être dispersées en pleine nature, sauf sur les voies publiques. La notion de « pleine nature » n’a pas de définition juridique précise. Toutefois :
• La dispersion dans de grandes étendues accessibles au public (un champ, une prairie, une forêt) semble possible, sous réserve de l’accord préalable du propriétaire du terrain.
• S’agissant des cours d’eau et des rivières sauvages, la dispersion y est envisageable.
• La dispersion en mer est également possible. Cependant, elle ne doit pas contrevenir à la réglementation maritime ni aux règles édictées localement au titre de la zone de police spéciale de 300 mètres instituée par la loi littoral.
Dans tous les cas de dispersion des cendres en pleine nature, une déclaration doit être faite à la mairie de la commune du lieu de naissance du défunt.
L’importance de l’anticipation et de l’accompagnement
La législation funéraire a été réformée afin de s’adapter à l’augmentation du recours à la crémation et aux souhaits de personnalisation des obsèques.
Anticiper les volontés
La personne qui a qualité pour pourvoir aux funérailles est celle qui, par le lien stable et permanent qui l’unissait à la personne défunte, est susceptible d’exprimer la volonté de celle-ci, ou à défaut, de prendre les décisions nécessaires. Si la volonté du défunt concernant le mode de sépulture (crémation ou enterrement) n’est pas connue ou attestée, les proches peuvent se retrouver confrontés à des décisions complexes.
C’est pourquoi Humana Funéraire conseille de prendre des dispositions de son vivant pour que tout soit prévu. Anticiper permet d’éviter à ses proches la charge des funérailles et de s’assurer que ses volontés seront bien exécutées. Un contrat d’obsèques commercialisé par une entreprise de services funéraires permet d’élaborer des prestations sur mesure et garantit l’exécution des choix (y compris la destination des cendres).
Conclusion
La destination des cendres après une crémation est une décision à la fois intime et encadrée par la loi. Entre inhumation, dépôt au columbarium, scellement sur un monument ou dispersion en nature, chaque choix doit être fait avec respect, dignité et décence.
Chez Humana Funéraire, nous accompagnons chaque famille de Marseille et ses environs dans cette réflexion essentielle, avec écoute et bienveillance. Anticiper ses volontés ou se faire guider au moment venu permet de traverser cette étape avec sérénité, tout en rendant hommage à l’être cher de manière digne et personnalisée.
FAQ : Vos questions, nos réponses
1. Peut-on conserver une urne cinéraire chez soi ?
Non, la loi française interdit de garder les cendres à domicile depuis 2008. Elles doivent être déposées dans un cimetière, un site cinéraire ou dispersées selon la réglementation.
2. Est-il possible de diviser les cendres d’un défunt ?
Non, la division des cendres est interdite par la loi. Les cendres doivent rester regroupées dans une urne cinéraire ou être dispersées dans leur totalité.
3. Où peut-on disperser les cendres en France ?
Les cendres peuvent être dispersées au jardin du souvenir d’un cimetière, en pleine nature (forêt, montagne, mer) ou en rivière sauvage, à condition de respecter les règles locales et de déclarer l’opération à la mairie du lieu de naissance du défunt.
4. Quelle est la différence entre columbarium et cavurne ?
Un columbarium est une structure collective avec des cases pour déposer des urnes. Un cavurne est un petit caveau individuel ou familial destiné à l’inhumation des urnes dans un cimetière.
5. Comment anticiper la destination de mes cendres ?
La meilleure solution est de souscrire un contrat obsèques auprès d’une entreprise funéraire. Ce contrat permet de préciser vos volontés (crémation, inhumation, dispersion) et garantit leur respect.